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Un virus transforme les coccinelles en zombies au profit d’une guêpe parasitoïde

Un exemple original de manipulation comportementale chez une guêpe parasitoïde et son hôte la coccinelle maculée a été étudié par une équipe de chercheurs du CNRS, de l’IRD et des universités de Perpignan, Montpellier et Montréal1,2 : la guêpe incite la coccinelle à se comporter en « garde du corps » de sa larve. Un changement de comportement qui intervient alors que la larve n’est plus en contact direct avec son hôte.

Les chercheurs ont découvert que cette manipulation implique un troisième protagoniste : un virus à ARN. Celui-ci, présent chez la guêpe adulte et la larve, est transmis à la coccinelle parasitée et semble être responsable de la dégénérescence de son système nerveux et de la mise en place du comportement « garde du corps ». Cette découverte souligne que les virus peuvent être utilisés par un organisme comme arme biologique. C’est la première fois que l’implication d’un virus dans une stratégie de manipulation parasitaire est démontrée.

1.Du laboratoire Interactions hôtes-pathogènes-environnements (CNRS/Université de Perpignan/Ifremer/Université de Montpellier) et du laboratoire Maladies infectieuses et vecteurs : écologie, génétique, évolution et contrôle (CNRS/IRD/Université de Montpellier)
2.Ces travaux ont bénéficié d’un financement ANR.

Coccinelle manipulée jouant son rôle de garde du corps.© Pascal Goetgheluck

Coccinelle manipulée jouant son rôle de garde du corps.

© Pascal Goetgheluck

VCoccinelle encore manipulée après l’émergence (le cocon est ouvert) de la guêpe adulte.© Pascal Goetgheluck

Coccinelle encore manipulée après l’émergence (le cocon est ouvert) de la guêpe adulte.

© Pascal Goetgheluck

Pour aller plus loin :

Parasitisme : comment une guêpe utilise une coccinelle comme « garde du corps » (actualité IRD - juin 2011)

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Références :

Who's the puppet master ? Replication of a parasitic wasp-associated virus correlates with host behavior manipulation ; Dheilly NM, Maure F, Ravallec M, Galinier R, Doyon J, Duval D, Leger L, Volkoff A-N, Misse D, Nidelet S, Demolomb V, Brodeur J, Gourbal B, Thomas F, Mitta G. ; Proc Roy Soc B Biol Sci ; 11 février 2015. DOI : 10.1098/rspb.2014.2773

Contacts chercheurs

Nolwenn M. Dheilly, laboratoire Interactions hôtes-pathogènes-environnements - CNRS/Université de Perpignan/Ifremer/Université de Montpellier
Tél. : 06 25 25 35 14
Email : nolwenn.dheilly@stonybrook.edu

Fréderic Thomas, laboratoire Maladies infectieuses et vecteurs : écologie, génétique, évolution et contrôle - CNRS/IRD/Université de Montpellier
Tél. : 06 67 95 29 57
Email : frederic.thomas2@ird.fr

Contact communication

Lucie Debroux, Bureau de presse du CNRS
Tél. : 01 44 96 51 51
Email : presse@cnrs.fr