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Chez les singes aussi, les individus les plus intelligents forment les réseaux sociaux les plus efficaces

Avec le développement de Facebook et Twitter, la notion de réseau social s’est largement démocratisée. Pour les éthologues, un réseau social est un ensemble de liens entre différents individus d’un groupe humain ou animal, qui interagissent pour s’échanger des informations, ou communiquer dans le cadre de la recherche de nourriture ou de la reproduction. Un tel réseau est d’autant plus efficace (ou « optimal », ou « efficient ») qu’une information s’y déplaçant, transite entre tous les individus avec le minimum de connexions possible entre ces individus. Considérons l'Homme comme un animal. Jusque là, les chercheurs avaient décrit une telle « efficience » surtout pour les réseaux de communications et de transports du groupe humains. Mais jamais personne n’avait étudié l’optimalité de réseaux sociaux chez d’autres animaux. C’est désormais chose faite, grâce à une équipe internationale comprenant des éthologues de l’Institut Pluridisciplinaire Hubert Curien qui a analysé plusieurs espèces de primates. Ces travaux ont été publiés récemment dans la revue Scientific Reports.

Juvénile et femelle de macaque japonais (Macaca fuscata), en train de se réchauffer et se toiletter dans les sources d'eau chaude du parc aux singes de Jigokudani, au Japon. Cette espèce, aux capacités cognitives moyennes- © CNRS Photothèque/IPHC/SUEUR Cédric, PELE Marie

Juvénile et femelle de macaque japonais (Macaca fuscata), en train de se réchauffer et se toiletter dans les sources d'eau chaude du parc aux singes de Jigokudani, au Japon. Cette espèce disose de capacités cognitives moyennes
- © CNRS Photothèque/IPHC/SUEUR Cédric, PELE Marie

Les chercheurs ont examiné les réseaux de 78 groupes appartenant à 24 espèces de primates : des humains, mais aussi des chimpanzés, des macaques, des lémuriens... « Nos données montent que les espèces de singes avec les capacités cognitives les plus avancées, sont celles qui forment des réseaux sociaux les plus efficaces ; C’est la première fois qu’une équipe montre l’existence d’une telle optimisation chez des primates non humains », souligne Cédric Sueur de l’IPHC (CNRS / Univ. de Strasbourg).

Les scientifiques ont ensuite mesuré l’efficience des réseaux formés par chacun de ces groupes. Enfin, ils ont comparé cette efficience à différents paramètres, dont la taille relative du néocortex (couche externe des hémisphères cérébraux) de chaque espèce.
Les données finales montrent notamment que l’efficience double quasiment entre les macaques (0.08), et les chimpanzés (0.23) et les capucins bruns (0.19) ; ces deux dernières espèces ayant un néocortex plus développé.

« L’optimisation des réseaux chez les espèces de primates avec des capacités cognitives élevées doit résulter du fait que les individus de ces espèces sont capables – du fait de leur intelligence - d’ajuster leur relations sociales afin d’avoir un meilleur accès à l’information. Un peu comme le font les humains. La coopération entre les individus d’un groupe permettrait alors un meilleur accès à la nourriture, que la compétitivité entre ces derniers », précise Cédric Sueur.

Juvénile et femelle de bonobo, Pan paniscus, en train de jouer dans le parc zoologique de Leipzig en Allemagne. Cette espèce, aux capacités cognitives élevées. - © CNRS Photothèque/IPHC/SUEUR Cédric, PELE Marie

Mâle de bonobo "Pan paniscus",espèce aux capacités cognitives élevées, au repos dans le parc zoologique de Leipzig en Allemagne. - © CNRS Photothèque/IPHC/SUEUR Cédric, PELE Marie

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Références :

Social networks in primates: smart and tolerant species have more efficient networks parCristian Pasquaretta, Marine Levé, Nicolas Claidière, Erica van de Waal, Andrew Whiten, Andrew J. J. MacIntosh, Marie Pelé, Mackenzie L. Bergstrom, Christèle Borgeaud, Sarah F. Brosnan, Margaret C. Crofoot, Linda M. Fedigan, Claudia Fichtel, Lydia M. Hopper, Mary Catherine Mareno, Odile Petit, Anna Viktoria Schnoell, Eugenia Polizzi di Sorrentino, Bernard Thierry, Barbara Tiddi& Cédric Sueur publié dans Scientific Reports le 23 décembre 2014. DOI: 10.1038/srep07600

Contact chercheur

Cédric Sueur, Institut Pluridisciplinaire Hubert Curien (IPHC) – CNRS / Université de Strasbourg
Tél. : 03 88 10 65 14
Email : cedric.sueur@iphc.cnrs.fr

Contact communication

Nicolas Busser, Institut Pluridisciplinaire Hubert Curien (IPHC) – CNRS / Université de Strasbourg
Tél. : 03 88 10 66 66
Email : nicolas.busser@iphc.cnrs.fr