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De l’efficacité des aires marines protégées

Bonne nouvelle : le nombre d’aires marines protégées est en constante augmentation depuis la Convention sur la diversité biologique, dont le plan stratégique pour la biodiversité 2011-2020 a fixé un objectif de 10 % de zones sous ce statut d'ici 2020. Mais la grande majorité des zones nouvellement établies permettent l'extraction de ressources : il s’agit d’aires partiellement protégées dont l’efficacité demeurait floue jusqu’à présent. Une équipe franco-portugaise, impliquant Joachim Claudet, chercheur CNRS1, s’est intéressée à cette question : les scientifiques ont réalisé la première méta-analyse globale des aires de protection partielle, regroupées par niveaux de protection2, afin d'évaluer leur efficacité écologique. Premier résultat : les zones fortement et modérément protégées présentent une biomasse et une abondance d'espèces de poissons commerciaux plus élevées que celles faiblement réglementées dont la performance diffère peu ou pas des territoires non protégés. De plus, les zones modérément réglementées ne sont efficaces écologiquement qu’en présence d'une aire adjacente intégralement protégée. Selon les auteurs, des usages limités et bien réglementés dans les zones de protection partielle ainsi que la présence d'une aire adjacente intégralement protégée sont fondamentaux pour conférer des avantages écologiques à ces territoires. C

Cette étude vient d’être mise en ligne sur le site de Frontiers in Ecology and the Environment.

Les grandes sérioles et les valets d'almaco prospèrent dans les aires marines protégées. Les palangres pélagiques et les filets dérivants sont les principales menaces pour ces espèces. ©Emanuel Goncalves.

Le mérou brun est une espèce emblématique dans les aires marines protégées (elle est particulièrement vulnérable à la pêche sous-marine, à la palangre et aux filets côtiers). @Emanuel Gonçalves

  1. Au Centre de recherches insulaires et observatoire de l'environnement (CNRS/EPHE/UPVD)
  2. Ce regroupement a été rendu possible après avoir mis au point une nouvelle classification qui permet de différencier sans ambiguïté les zones en fonction de l'effet cumulé des usages autorisés.

Références :

Marine partially protected areas: drivers of ecological effectiveness. Mirta Zupan, Eliza Fragkopoulou, Joachim Claudet, Karim Erzini, Bárbara Horta e Costa, and Emanuel J Gonçalves. Frontiers in Ecology and the Environment. Publié en ligne le 2 août 2018
DOI : 10.1002/fee.1934

Contact chercheur :

Joachim CLAUDET - Centre de recherche insulaire et observatoire de l'environnement - CRIOBE (CNRS / Université de Perpignan via Dominitia / EPHE) - joachim.claudet@cnrs.fr

Contact presse :

Priscilla Dacher | priscilla.dacher@cnrs-dir.fr