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Un pas de plus vers un traitement du syndrome de l’X fragile

Le syndrome de l’X fragile est une maladie génétique qui entraîne le plus souvent un déficit intellectuel, des troubles du comportement et des anomalies physiques. Une collaboration dirigée par Hervé Moine à l’Institut de génétique et de biologie moléculaire et cellulaire révèle un mécanisme pathogénique sous-jacent à ce syndrome. Cette étude est publiée dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences.

Le syndrome de l’X fragile affecte un homme sur 4000 et une femme sur 8000. Il représente la première cause familiale de déficience intellectuelle mais également la première cause connue de troubles du spectre autistique1. Le syndrome de l’X fragile est dû à une anomalie d’un segment d’ADN situé à proximité du gène FMR1 sur le chromosome X conduisant à la perte d’expression du gène (FMR1). Ce gène code une protéine essentielle (FMRP) pour les mécanismes de communication entre les neurones de plusieurs régions du cerveau. Le mécanisme responsable des symptômes de la maladie, et plus spécifiquement la cause moléculaire conduisant aux pertes de fonction des neurones, est encore mal compris.
Jusqu’à présent, les chercheurs savaient que l'absence de la protéine FMRP entraînait un excès de la synthèse de très nombreuses protéines dans les neurones. Cet excès est considéré comme une des causes principales sous-jacentes au syndrome de la maladie. Ils ne savaient pourtant pas comment l'absence de la protéine provoque cet effet.
L'étude collaborative dirigée par Hervé Moine au sein de l’équipe de Jean-Louis Mandel, démontre que la protéine FMRP aide à la synthèse d’une enzyme appelée Diacylglycerol kinase (Dgkk). Cette dernière est essentielle pour la production de lipides membranaires participant au renforcement des connexions entre neurones (synapses).
Les chercheurs montrent que ce mécanisme est perturbé en l’absence de la protéine FMRP dans un modèle de souris développant la maladie. Ils ont également retrouvé ces mêmes perturbations sur un échantillon de patients malades. Ces résultats ouvrent de nouvelles perspectives pour la mise au point d'un traitement pour cette maladie.

1. Les troubles du spectre autistique (TSA) sont des troubles neurologiques qui affectent principalement les relations sociales et la communication chez l’enfant. Ces troubles se manifestent aussi par l’apparition de comportements atypiques (inhabituels) et le développement d’intérêts restreints chez le jeune ou l’adulte qui en est atteint.

Figure : Mise en évidence de la protéine Dgkk (rouge) dans des neurones corticaux visualisés avec le marqueur Map2 (vert) et le noyau des cellules (bleu).

© Hervé Moine

Figure : Dans les conditions normales (gauche), la protéine FMRP aide à produire l’enzyme Dgkk dans les neurones. Dans la situation X-fragile, en absence de FMRP (droite), Dgkk n’est plus assez produit. Agir sur son activité représenterait un moyen de corriger les défauts associés au syndrome de l’X-fragile.

© IGBMC. Hervé Moine

Références :

Contacts :

  • Hervé Moine
    Département de Médecine Translationnelle et Neurogénétique
    Institut de Génétique et de Biologie Moléculaire et Cellulaire
    CNRS UMR 7104, Inserm U964, Université de Strasbourg
    Parc d'Innovation
    1 Rue Laurent Fries
    BP 10142
    67404 Illkirch Cedex

    Tel: 03 88 65 32 58